21 décembre 2025

L’écriture et le dessin sont des activités extrêmement douloureuses pour moi. Dans mon enfance, je dessinais et écrivais par pur désir de performance. Je voulais faire les plus beaux dessins et les plus beaux écrits. Je voulais être celle qui sait bien écrire et bien dessiner. Je voulais qu’on regarde ce que je faisais et qu’on dise : vingt sur vingt. Je ne sais pas quand les choses ont changé, ou si les choses ont tant changé. Je crois qu’à un moment vers mes seize ans, j’ai compris que je n’avais plus les moyens de bien faire.

Aujourd’hui je ne dessine plus. J’ai essayé de dessiner il y a une semaine et j’ai eu honte. C’est encore pire pour l’écriture. Cette activité est impure depuis mes dix-sept ans. Maintenant, je pose ma plume sur une feuille comme l’on poserait un bistouri sur une âme pour la disséquer. Les choses ne se font pas naturellement, elles passent par la violence et les larmes. Ici même, je pleure. Voici mes larmes, noir sur blanc.